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Sophie Aubineau - Méthode Feldenkrais Toulouse

Moshé Feldenkrais


Portrait Moshé Feldenkrais


Physicien, judoka et penseur du mouvement, Moshe Feldenkrais est un homme au parcours singulier, né en 1904 en Russie.

Adolescent, il part en Palestine où il restera une dizaine d'années. Sportif de haut niveau, il y apprend puis enseigne le Ju-Jutsu, technique japonaise ancestrale de combat et d'autodéfense, qui allie souplesse et techniques d'évitement pour contrôler et canaliser la force adverse, sans s'opposer frontalement.

Dans les années trente, afin de poursuivre ses études scientifiques, il s'installe en France où il étudiera sous la direction de Frédéric Joliot-Curie et Irène Curie (prix Nobel de Chimie, 1935), et de Paul Langevin (éminent physicien, chercheur, philosophe, co-inventeur du sonar). Plus tard, il obtiendra un doctorat en Sciences Physiques.

Dans ces années-là, il rencontre Jigoro Kano, fondateur du Judo venu à Paris  Sa pratique assidue du judo lui permet d'obtenir l'une des premières ceintures noires de Judo en Europe  ; peu après il participe à la création du premier Club de Ju-Jutsu de Paris avec Kano comme président d’honneur.

Moshé Feldenkrais : du Judo à l'étude du corps

C'est dans les années quarante que son genou, plusieurs fois blessé, lui pose de graves problèmes, la chirurgie qu'on lui propose à l’époque n'est pas prometteuse. Avec sa rigueur de scientifique, il se met à l'étude du corps d'un point de vue biomécanique, observe le fonctionnement articulaire, et approfondit la connaissance du mouvement déjà acquise à travers le judo et le Ju-Jutsu.  

Les arts martiaux lui ont appris l'utilisation d'un minimum d'effort pour un maximum d'efficacité. Il s'intéresse à l'évolution de l'espèce et, grâce à son épouse pédiatre, au développement moteur de l'enfant, ainsi qu'aux travaux de précurseurs tels que Gurdjieff ou Mathias Alexander. 

Cette curiosité pour le lien entre développement moteur et développement cognitif nourrit peu à peu une approche holistique du corps et de l'esprit.

approche intégrative de Moshé Feldenkrais

 

La naissance de la Méthode Feldenkrais

Dans un second temps, il étudie les neurosciences, balbutiantes à l'époque, mais qui lui ouvrent tout un champ des possibles en pressentant ce qui est confirmé aujourd'hui : entre autres la neuroplasticité, la plasticité neuromusculaire et la capacité du cerveau à apprendre tout au long de la vie. Des techniques comme le yoga ou le zen attirent aussi son attention. Il façonne ainsi une véritable méthode d'apprentissage fondée sur la relation corps-esprit.

À travers ces études approfondies, il observe que sa capacité à bouger sans douleur dépend grandement de sa façon d'agir, et que celle-ci peut être réajustée grâce à un processus simple, appuyé sur le ressenti kinesthésique, un véritable éveil sensoriel et une conscience corporelle accrue. Il récupère l'usage de son genou : de cette expérience naît sa Méthode, fondée sur la prise de conscience du mouvement et la recherche d'une cohérence dans sa façon de bouger. Il consacre les quarante dernières années de sa vie à la développer et à l'approfondir.

Ses travaux sont considérés encore aujourd'hui comme précurseurs dans de nombreux domaines : éducation, santé physique, réflexes posturaux, harmonie corporelle et mentale. Il a enseigné en Europe, en Israël, en Australie et aux États-Unis, et a formé des praticiens capables à leur tour de transmettre ses deux formes complémentaires de la pratique — la Prise de Conscience par le Mouvement™ et l'Intégration Fonctionnelle™ — deux approches somatiques issues de la même méthode d'apprentissage par le mouvement, et de poursuivre ses recherches.